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Communiqués de presse
POUR PUBLICATION IMMÉDIATE - 23/06/2015 - 13:30

Ce sont les facteurs de risques psychosociaux et musculo-squelettiques qui sont les plus répandus sur les lieux de travail en Europe, et l’évaluation du risque est toujours considérée comme la meilleure façon de lutter contre ces risques.

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) présente ce jour au Parlement européen à Bruxelles les principales conclusions de la deuxième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents (ESENER 2). Les résultats de l’enquête, tirés de réponses recueillies sur près de 50 000 lieux de travail dans 36 pays, dont les 28 États membres, permettent d’avoir une vue détaillée de la façon dont les risques pour la sécurité et la santé au travail (SST) sont gérés sur les lieux de travail en Europe. Avec ses résultats aisément accessibles grâce au tableau de bord en ligne, cette enquête constitue une nouvelle ressource importante pour les décideurs politiques, les chercheurs et les praticiens.

ESENER-2 vise à déterminer comment les organisations de toutes tailles, y compris des micro-entreprises de 5 à 10 employés, gèrent en pratique la santé et la sécurité, et en particulier les risques nouveaux et émergents, tels que les risques psychosociaux. Les questions de l’enquête ont été adressées à la personne de l’organisation qui connaissait le mieux les aspects de la SST. Les répondants ont recensé les principaux facteurs de risque au sein de leur organisation et ont décrit la façon dont ils les gèrent. Chose importante, ils ont également fourni des informations sur les raisons pour lesquelles ils gèrent ces risques, ainsi que les principales difficultés qui les dissuadent de procéder à une quelconque évaluation des risques sur le lieu de travail.

 

Comme l'a indiqué le MPE Ole Christensen, rapporteur du Parlement européen sur le cadre stratégique de l'UE en matière santé et de sécurité au travail (2014-2020), «l’enquête ESENER-2 permet d’avoir une vue d’ensemble de la façon dont la santé et la sécurité sont gérées en réalité sur les lieux de travail en Europe. Les résultats sont très utiles pour les décideurs politiques au niveau tant national qu’européen, d’autant qu’ils prouvent clairement que de nombreuses améliorations sont encore possibles dans le domaine de la santé et la sécurité au travail».

 

Le facteur de risque le plus fréquemment signalé est la confrontation à des clients, des patients, des élèves, etc. difficiles (58 % des établissements dans l’UE-28), ce qui reflète en partie la croissance continue du secteur des services. Les facteurs conduisant à des troubles musculo-squelettiques (TMS), tels que les positions fatigantes ou douloureuses et les mouvements répétitifs des mains ou des bras, sont très fréquemment signalés dans tous les secteurs d’activité.

 

Les résultats indiquent que 76 % des établissements de l’UE-28 effectuent des évaluations régulières des risques qu’ils considèrent, dans 90 % des cas, comme un moyen utile de gestion de la sécurité et la santé. Des différences importantes s’observent à l’échelle nationale dans la part des entreprises qui font exécuter ces évaluations des risques par le personnel interne par rapport à celles qui recourent à des prestataires externes. Le recours au personnel interne va de 76 % au Danemark à 7 % en Slovénie. Si la taille de l’établissement a une solide influence, dans certains pays, même la plupart des plus petits établissements réalisent généralement des évaluations des risques avec le personnel interne.

 

La directrice de l’EU-OSHA, Christa Sedlatschek, a fait remarquer que «les établissements qui ne réalisent pas d’évaluations régulières des risques invoquent comme principale raison la connaissance déjà établie des risques et des dangers (83 %) et l’absence de problème majeur (80 %). Les risques psychosociaux sont perçus comme étant plus difficiles à traiter que d’autres. Un cinquième des établissements qui signalent être confrontés à des clients difficiles ou être soumis à des contraintes de temps indiquent également manquer d’informations ou d’outils adéquats pour traiter le risque efficacement».

 

Une autre constatation clé fait référence à la mesure dans laquelle un taux élevé de participation (formelle ou informelle) des employés constitue un solide indicateur de bonne qualité de travail, y compris la qualité de la gestion de la SST de manière générale et la gestion des risques psychosociaux en particulier.

 

La base du cadre juridique actuel concernant la SST remonte à l’adoption, en 1989, de la directive-cadre européenne sur la sécurité et la santé au travail (directive 89/391/CEE), et comme dans la précédente édition de l’ESENER, le respect des obligations légales a été le plus fréquemment cité comme raison pour justifier la gestion de la SST (85 % des établissements dans l’UE-28). La satisfaction des attentes des travailleurs et de leurs représentants (79 %) et les amendes infligées par l’inspection du travail (78 %) sont également citées par une grande partie des répondants. L’ESENER-2 permet aussi de comprendre si les entreprises perçoivent la gestion de la sécurité et de la santé comme une charge, ce qui présente un grand intérêt pour des programmes continus tels que REFIT[1]. Des résultats divergents, variant de 67 % en Italie à 14 % en Lituanie, ont été obtenus à la question de savoir si la complexité des obligations légales en matière de SST constitue un obstacle à la gestion de la santé et de la sécurité. Tous les États membres de l’UE étant soumis à la même législation européenne, ces chiffres sont révélateurs des différentes situations rencontrées au niveau national et attirent l’attention sur l’importance de la législation nationale, des structures de soutien et d’autres ressources.

 

Liens:

Lire un résumé des constatations ESENER-2 (25 langues de l’UE)
Examiner les résultats à l’aide du tableau de bord en ligne de l’enquête

[1] REFIT est le programme pour une réglementation affûtée et performante de la Commission européenne. Des mesures sont prises pour simplifier le droit de l’UE et réduire les coûts réglementaires et, partant, offrir un cadre clair, stable et prévisible de réglementation propice à la croissance et aux emplois. Le 19 mai 2015, la Commission européenne a publié son nouveau train de mesures pour l’amélioration de la réglementation, qui couvre REFIT, et a ainsi montré comment elle envisage de respecter son programme pour une meilleure réglementation au cours des années à venir. D’autres informations sont accessibles sur la page: http://ec.europa.eu/smart-regulation/refit/index_en.htm.
 
Notes aux rédactions: 
1.

Bien que les données sur les accidents du travail et les maladies professionnelles soient disponibles grâce à des sondages réalisés auprès des travailleurs et aux systèmes de notification, on ne sait que peu de choses sur la manière dont les risques relatifs à la santé et à la sécurité sont gérés dans la pratique. En dressant le bilan des besoins de soutien et d’expertise des employeurs, et en identifiant ce qui peut encourager ou entraver la prévention des risques, l’enquête européenne parmi les entreprises de l’EU-OSHA ESENER contribue à combler ce manque de connaissances. La première édition de l’enquête a été réalisée en 2009.

Pour la deuxième édition, des réponses ont été collectées auprès de près de 50 000 entreprises concernant la gestion de la santé et de la sécurité au travail (SST) et les risques sur le lieu de travail, en accordant une attention particulière à la participation des travailleurs et aux risques psychosociaux. Les données de l’enquête sont disponibles dans un tableau de bord en ligne.

Les travaux sur le terrain de la nouvelle édition ont eu lieu en 2014 et couvraient des entreprises tant du secteur public que du secteur privé dans l’UE-28 ainsi qu’en Albanie, en Islande, au Monténégro, dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine, en Serbie, en Turquie, en Norvège et en Suisse. Pour la première fois, les domaines de l’agriculture et de la pêche et les micro-entreprises de 5 à 10 employés étaient inclus. Des questions ont été posées aux personnes qui étaient les mieux informées de la gestion en matière de SST au sein de l’organisation. Les répondants ont été interrogés sur les facteurs de risque majeurs au sein de leur entreprise et ont fourni des informations sur la manière dont ils les gèrent et sur leur motivation à le faire, ainsi que sur l’identification des obstacles à la prévention.

Un aperçu complet du rapport sera disponible en anglais dans le courant du quatrième trimestre de 2015. Vers la fin de 2015 et en 2016, l’EU-OSHA, avec l’aide de son réseau de points focaux, organisera des séminaires au niveau national afin de présenter les conclusions d’ESENER-2 par État membre, ainsi que d’autres statistiques nationales.

2.

L'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) contribue à faire de l'Europe un lieu de travail plus sûr, plus sain et plus productif. L'Agence mène des activités de recherche et de développement, diffuse des informations fiables, vérifiées et impartiales en matière de sécurité et de santé, et organise des campagnes paneuropéennes de sensibilisation. Créée par l'Union européenne en 1994 et établie à Bilbao, en Espagne, l’Agence réunit des représentants de la Commission européenne, des gouvernements des États membres, des organisations d'employeurs et de travailleurs, ainsi que des experts réputés de l'UE à 28 et au-delà.

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