Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels
Passer au contenu. Rechercher FAQ Aide Nous concernant

Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail

Réseau AESS
Vous êtes ici : Accueil Secteurs Agriculture Substances dangereuses (à l'exclusion des agents biologiques)

Substances dangereuses (à l'exclusion des agents biologiques)

Retour à la page principale

On entend par substance dangereuse tout liquide, gaz ou solide, qu'il soit d'origine chimique ou biologique, présentant un risque pour la santé ou la sécurité des travailleurs. La présente section du site web couvre les produits chimiques.

Les produits chimiques dans l'agriculture

Introduction

Les substances dangereuses sont présentes sur de nombreux lieux de travail. Selon une étude récente, 16 % des travailleurs européens déclarent avoir manipulé des produits dangereux et 22 % déclarent avoir été exposés à des vapeurs toxiques. De nombreux travailleurs agricoles peuvent être exposés à des produits chimiques, tels que des pesticides, des médicaments vétérinaires, des solvants et des huiles, dans le cadre de leur travail.

Le coût des problèmes de santé liés à l'exposition à des substances dangereuses est très élevé. Ainsi, rien que pour l'année 2000, le coût des dermatites professionnelles, qui causent la perte d'environ 3 millions de journées de travail, était estimé à 600 millions d'euros dans les 15 États membres de l'Union européenne.

Les substances dangereuses peuvent causer différents types de dommages, que ce soit à la suite d'une seule exposition de courte durée ou par l'accumulation à long terme de ces substances dans l'organisme, parmi lesquels:

  • cancer;
  • dysfonctionnement de la fonction de reproduction ou anomalies congénitales;
  • lésions cérébrales;
  • effets néfastes sur le système nerveux;
  • asthme;
  • problèmes cutanés.

En vertu de la législation européenne, les employeurs doivent protéger la santé et la sécurité des travailleurs comme suit:

  • en évaluant les risques et en revoyant leur évaluation, le cas échéant;
  • en éliminant les risques ou, lorsque ce n'est pas possible;
  • en réduisant les risques; et
  • en s'assurant que les des mesures de contrôle mises en oeuvre restent efficaces.

Retour en haut

Législation

La législation européenne a pour objectif de minimiser les risques pour la santé liés aux substances dangereuses sur le lieu de travail. Le droit de l'Union européenne place l'élimination et la substitution au premier rang des mesures visant à protéger les travailleurs contre les substances dangereuses.

Les textes les plus importants de la législation européenne dans ce domaine sont ceux concernant:

  • la protection des travailleurs
  • les risques liés aux agents chimiques et
  • les substances cancérigènes (y compris l'amiante et les poussières de bois).

Il existe également une réglementation concernant la classification et l'étiquetage des substances dangereuses, qui exigent un étiquetage approprié et la fourniture d'informations par les producteurs et les fournisseurs.

Les directives européennes ont été transposées dans la législation nationale. Les États membres sont autorisés à les compléter par des dispositions supplémentaires ou plus contraignantes pour la protection des travailleurs, comme la limitation de certains procédés de production ou la fixation de valeurs limites d'exposition plus basses, dans la mesure où les directives ne définissent que les conditions minimales. Il est dès lors fortement recommandé de consulter toute la réglementation nationale spécifique relative à l'emploi de substances dangereuses sur le lieu de travail.

Il est important de savoir que ces dispositions réglementaires concernent des aspects tels que l'évaluation des risques, les mesures techniques et les limites d'exposition s'appliquent également aux substances dangereuses générées par les procédés de production, comme les poussières de bois ou les vapeurs de soudage.

Retour en haut

Évaluation des risques

L'évaluation des risques est une obligation découlant de la législation européenne en vigueur dans tous les États membres. Elle consiste à identifier les causes à l'origine du préjudice afin de pouvoir prendre des mesures préventives. Une évaluation adéquate constitue le fondement d''une gestion efficace des risques.

Une approche de l'évaluation des risques en quatre étapes

  • Faire l'inventaire des substances utilisées dans les procédés mis en œuvre sur le lieu de travail et celles générées par ces procédés, comme les vapeurs de soudage et les poussières de bois. Évaluer les substances utilisées sur le lieu de travail, en ce compris les nouvelles substances.
  • Rassembler des informations relatives à ces substances, telles que les dommages qu'elles peuvent causer et la manière dont cela peut se produire. Les fiches de données de sécurité (FDS), qui doivent être transmises par le fournisseur d'un produit chimique, constituent une importante source d'information.
  • Évaluer le degré d'exposition aux substances identifiées comme dangereuses, en examinant le type, l'intensité, la fréquence et les circonstances de l'exposition des travailleurs, en ce compris les effets combinés de l'utilisation simultanée de plusieurs substances dangereuses et les risques associés.
  • Évaluer la gravité des risques identifiés. Cette liste peut servir de base à l'élaboration d'un plan d'action pour protéger les travailleurs.

Il est important d'inclure dans cette évaluation des risques les accidents prévisibles et les travaux d'entretien et de prévoir les mesures à prendre dans ces circonstances, notamment les premiers secours.

Où obtenir des informations sur les substances dangereuses?

Un inventaire des substances dangereuses doit être réalisé au moment de l'évaluation des risques. Il fournira en outre des informations sur la priorité à accorder aux mesures d'élimination et de substitution, en autorisant la comparaison des données relatives aux substances utilisées, telles que la quantité, le procédé, le nombre de travailleurs exposés, les résultats des mesures effectuées sur le lieu de travail ou une estimation du degré d'exposition et la classification des substances. Les priorités en matière de substitution identifiées lors de l'évaluation des risques doivent être revues régulièrement et lors de tout changement du procédé de production.

Les informations sur les substances dangereuses peuvent provenir de différentes sources. De prime abord, une des manières les plus simples de comparer les dangers potentiels des substances est de consulter les informations relatives à leur classification et à leur étiquetage, qui doivent figurer dans les fiches de données de sécurité fournies avec le produit chimique. Dans le cas de substances pour lesquelles aucune fiche de données de sécurité n'est disponible, ces informations peuvent être obtenues auprès du fournisseur (documents techniques, modes d'emploi). Pour certains produits, tels que les produits pharmaceutiques (médicaments cytostatiques, par exemple), les fournisseurs ne sont pas tenus de fournir de telles fiches.

L'évaluation des risques doit faire l'objet d'une révision en cas de changement ou d'adaptation des procédés de production, d'introduction de nouveaux produits chimiques, d'accident ou de détérioration de la santé et, en tout cas, périodiquement afin de s'assurer que ses conclusions sont toujours valables.

Valeurs limites d'exposition professionnelle

Les valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP) aux substances dangereuses constituent une source d'information importante pour l'évaluation et la gestion des risques. Il n'existe cependant de VLEP que pour un nombre limité de substances actuellement utilisées sur le lieu de travail. Des valeurs limites obligatoires et indicatives sont prévues dans les directives européennes.

Chaque État membre de l'Union européenne établit ses propres VLEP nationales, généralement en ajoutant des substances à celles de la directive. Les VLEP nationales peuvent être obligatoires (ce qui signifie qu'elles doivent être appliquées) ou indicatives (elles constituent une indication des limites à ne pas dépasser). L'employeur doit veiller à ce que l'exposition des travailleurs n'excède pas les valeurs limites nationales. Pour plus de détails, consultez les informations fournies par l'Agence sur les valeurs limites d'exposition professionnelle.

Les listes de valeurs limites d'exposition professionnelle fournissent également des indications quant au risque de sensibilisation et de pénétration de la peau (inscription «Peau»). De très petites quantités d'une substance, parfois bien inférieures aux limites de concentration nécessitant un étiquetage et de la valeur limite d'exposition professionnelle, peuvent provoquer une réaction allergique chez les personnes sensibles.

Étiquetage des produits chimiques

Si une substance ou un produit chimique est classé comme dangereux, le fabricant ou l'importateur doit faire figurer sur l'emballage une étiquette de danger reprenant:

  • la désignation ou le nom commercial de la substance ou du produit, ainsi que le nom et l'adresse du responsable de la mise sur le marché;
  • le(s) nom(s) de la/des substance(s) qui a/ont donné lieu à la classification du produit comme dangereux;
  • le numéro d'enregistrement CE des substances (par exemple, les numéros Einecs ou Elincs);
  • les indications normalisées de danger, les symboles de danger, les indications de risques (phrases R) et les conseils de prudence (phrases S).

Des dispositions sont également prévues pour les préparations contenant plusieurs substances dangereuses nécessitant plusieurs symboles et phrases de risques.

Les symboles de risque, les phrases de risques (R) et les conseils de sécurité (S) donnent des informations sur les dangers et les mesures de sécurité liés à la substance. Les phrases R et S sont définies dans les directives européennes. Elles sont utilisées dans l'étiquetage des emballages et les fiches de données de sécurité à des fins d'avertissement et de conseil sur l'utilisation des substances et des préparations dangereuses. Les phrases de risques sont des présentations normalisées des dangers potentiels du produit pour la santé et la sécurité dans des conditions normales de manipulation et d'utilisation (par exemple, R21: «Nocif par contact avec la peau»). Les phrases de sécurité et leurs combinaisons renvoient aux mesures préventives à prendre (par exemple, S15: «Conserver à l'écart de la chaleur»).

En cas d'utilisation sur le lieu de travail, les fiches de données de sécurité doivent comporter des informations normalisées supplémentaires concernant les effets sur la santé, la composition du produit, les mesures de protection appropriées et les équipements de protection individuelle.

Il convient de répertorier les substances susceptibles d'être des sensibilisants cutanés et d'évaluer le degré d'exposition. Certains sensibilisants cutanés chimiques sont classés et répertoriés dans les réglementations de l'UE. Leur étiquetage reprend la phrase R 43 «Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau» ou R 42/43 «Peut entraîner une sensibilisation par inhalation et par contact avec la peau».

Retour en haut

Prévention et contrôle des risques

La législation européenne établit une hiérarchie des mesures de prévention ou de réduction de l'exposition des travailleurs aux substances dangereuses.

  • Élimination
    Le meilleur moyen de réduire les risques liés aux substances dangereuses est de mettre fin à leur utilisation en modifiant les procédés ou les produits dans lesquels elles sont employées.
  • Substitution
    Si l'élimination n'est pas possible, la substitution, ou le remplacement, de la substance dangereuse ou du procédé par une substance ou un procédé moins dangereux est la meilleure solution.
  • Contrôle
    Si une substance ou un procédé ne peut être ni éliminé ni remplacé, il est toujours possible de prévenir ou de réduire les risques pour la santé des travailleurs.

Élimination et substitution

Toute exposition inutile à des substances dangereuses doit être évitée. Le remplacement d'une substance par une autre se déroule en trois temps:

1) Identification des solutions de substitution: identifier toutes les options possibles. Rechercher des procédés alternatifs (supprimer totalement la nécessité d'utiliser une substance) et d'éventuelles substances de substitution (si l'élimination est impossible). Si la substance à remplacer est utilisée dans un procédé très largement employé tel que la peinture au pistolet ou le dégraissage, les solutions de remplacement seront sans doute plus nombreuses.
2) Comparaison des solutions alternatives: évaluer les risques de toutes ces solutions, ainsi que la substance et le procédé utilisés, et comparer les résultats obtenus. Vérifier la législation nationale relative à la sécurité et la santé au travail ainsi que celle relative à la protection de l'environnement et à la sécurité des produits afin de s'assurer que toutes les solutions sont légales et compatibles. Définir les normes minimales à atteindre.
3) Prise de la décision: prendre la décision sur la base des exigences réglementaires, des possibilités techniques, des conséquences potentielles pour la qualité des produits, des coûts, notamment dus à l'investissement nécessaire, et de la formation à l'utilisation du nouveau produit.

Les substances cancérigènes ou mutagènes doivent être remplacées dans la mesure de ce qui est techniquement possible! Dans certains États membres, cette disposition s'applique également aux substances toxiques pour la reproduction.

N'oubliez pas les procédures de maintenance et les risques potentiels en cas d'accident. Une substance enfermée peut présenter un risque élevé lorsqu'elle est libérée par accident.

Modification du procédé

La modification ou la suppression d'un procédé de production peut permettre d'éviter l'utilisation d'une substance ou la production de déchets (vapeurs de soudage, par exemple). Il convient notamment de se poser les questions suivantes:

  • Le procédé peut-il être remplacé par un procédé ne produisant pas de poussières, de vapeurs ou de fumées?
  • Le procédé est-il vraiment indispensable? (achat de produits déjà mélangés, par exemple)

Il est possible d'éviter l'exposition à des sensibilisants cutanés en modifiant le procédé de production et d'instaurer, par exemple, des techniques «sans contact» au moyen d'emballages empêchant tout contact accidentel.

Modification de la substance

Si vous ne pouvez pas modifier le procédé employé, essayez de supprimer ou d'éviter l'exposition aux substances qui:

  • augmentent les risques d'incendie et d'explosion;
  • entraînent une forte exposition des travailleurs;
  • entraînent l'exposition d'un grand nombre de travailleurs;
  • sont volatiles (par exemple, les solvants organiques);
  • sont dispersées dans l'atmosphère (aérosols ou poussières);
  • font courir des risques graves pour la santé, tels que les poisons, les produits corrosifs et irritants;
  • provoquent des problèmes de santé chroniques tels que les allergènes, les substances nocives pour la fécondité, etc.;
  • sont couvertes par des réglementations nationales spécifiques imposant des restrictions à leur emploi sur le lieu de travail;
  • ont déjà causé des problèmes dans l'entreprise (problèmes de santé, accidents ou autres incidents);
  • sont susceptibles de provoquer des maladies professionnelles;
  • nécessitent une surveillance médicale régulière (visite médicale des travailleurs);
  • peuvent être absorbées par la peau;
  • rendent obligatoire le port d'un équipement de protection individuel gênant le travailleur (par exemple, un masque de protection).

Avantages de la substitution

L'élimination de l'usage des substances dangereuses ou leur remplacement par des produits moins nocifs présente des avantages pour tous. L'élimination ou le remplacement peut apporter:

  • une amélioration immédiate et à long terme de la santé des travailleurs exposés à la substance dangereuse;
  • une réduction de la pollution de l'environnement;
  • une réduction des coûts pour l'entreprise grâce à:
    • la diminution du nombre d'absences pour cause de maladie;
    • une réduction des dépenses en mesures de contrôle;
    • une réduction des coûts conformément à la réglementation sur l'environnement;
    • des économies sur les équipements de protection contre les incendies et les explosions.

Elle peut également conduire à:

    • une diminution de la consommation d'un produit;
    • l'utilisation de matériaux moins chers;
    • des procédés de production plus efficaces.

Sensibilisants

Les agents sensibilisants peuvent provoquer une réaction allergique à des concentrations inférieures aux valeurs limites d'exposition professionnelle généralement définies. Une exposition même très limitée à des sensibilisants peut déclencher des symptômes respiratoires allergiques chez des travailleurs déjà sensibilisés. C'est la raison pour laquelle il convient de remplacer les sensibilisants par d'autres produits chaque fois que c'est possible.

Contrôle

Si l'élimination ou la substitution est impossible, les mesures de contrôle suivantes doivent être mises en oeuvre dans l'ordre logique :

  • Mise en place de procédés de production et de contrôles et utilisation d'un équipement et de matériaux appropriés afin de réduire le dégagement de substances dangereuses, par exemple, en confinant les procédés émetteurs ou en fournissant une ventilation par aspiration locale.
  • Application de mesures de protection collectives à l'endroit du risque grâce à une ventilation et à des mesures organisationnelles appropriées telles que la réduction du nombre de travailleurs exposés, de la durée et de l'intensité de l'exposition.
  • Instauration de mesures de protection individuelle, en ce compris l'utilisation d'un équipement de protection individuel, lorsque l'exposition ne peut être empêchée par d'autres moyens.

Il convient par ailleurs de minimiser la concentration du produit, la durée et la fréquence de l'exposition, ainsi que le nombre de travailleurs exposés, de décider si les mesures de précaution existantes sont adéquates ou s'il convient de faire davantage. Il importe de vérifier si des instructions et des lignes directrices types sont disponibles et, enfin, en cas de modification des pratiques de travail, d'évaluer les changements en termes d''exposition.

Gestion des émissions à la source

La gestion des émissions à la source est la meilleure manière de contrôler l'exposition. Il convient d'inclure une prévention systématique des poussières et des aérosols à l'aide des mesures suivantes:

  • modification du procédé de production afin d'éviter les procédés produisant des poussières, des aérosols ou des vapeurs;
  • utilisation des substances sous une forme moins dangereuse, telle que des granules ou des pâtes plutôt que des poudres ou des liquides;
  • utilisation de systèmes fermés pour le remplissage ou le transfert de substances poudreuses ou de fibres, par exemple;
  • contrôle de l'exposition grâce à des dispositifs d'encapsulation efficaces, une ventilation par aspiration locale, des hottes, une ventilation générale, des pare-éclaboussures, des écrans et d'autres mesures sur le lieu de travail;
  • élaboration d'un plan d'entretien et de nettoyage spécifiant notamment les intervalles, les méthodes de nettoyage et les équipements utilisés et prévoyant par exemple l'utilisation de techniques de nettoyage à l'eau ou d'aspirateurs plutôt que de balais.

Équipement de protection individuelle

Si l'exposition ne peut être empêchée d'une autre manière, des équipements de protection respiratoire individuelle devront être utilisés en plus des autres mesures de contrôle applicables. Ils doivent être conformes aux réglementations européennes.

  • L'équipement de protection le mieux adapté à chaque type de tâche ou d'exposition doit être sélectionné. Il sera choisi en fonction des conseils du producteur.
  • Les appareils respiratoires sont à usage individuel et ne doivent pas être partagés.
  • L'équipement doit être maintenu en bon état, nettoyé après usage et contrôlé pour s'assurer de l'absence de problèmes techniques ou autres. Les filtres doivent être remplacés si nécessaire.
  • L'équipement de protection individuelle, tel que les gants, doit être soigneusement sélectionné, porté, entretenu et remplacé.
  • Des lignes directrices générales pour la sélection des gants et des vêtements sont disponibles.
  • Les gants et les chaussures de protection sont susceptibles de provoquer des allergies, en particulier s'ils sont fabriqués en caoutchouc latex ou en cuir tanné à l'aide de substances contenant du chrome. Leur utilisation est à éviter.
  • Des procédures écrites pour le nettoyage régulier, la désinfection, le stockage, l'inspection, la réparation, l'élimination et l'entretien des appareils respiratoires doivent être établies.

Retour en haut

Contrôle et réexamen

Lorsqu'une mesure de contrôle a été mise en œuvre dans le cadre d'un procédé, son efficacité doit être contrôlée. La situation doit être évaluée régulièrement afin de déceler toute dégradation progressive de la situation (par exemple une diminution de l'efficacité des systèmes de ventilation) et toute modification des pratiques de travail.

Pour les travailleurs susceptibles d'être exposés à des agents cancérigènes et mutagènes ou à certains agents biologiques, l'employeur doit consigner dans des dossiers les informations concernant la surveillance de la santé et de l'exposition. Les travailleurs doivent avoir accès à leurs données personnelles. Ces exigences ont été transposées dans la législation nationale.

Les problèmes d'exposition et de santé doivent être contrôlés régulièrement et réexaminés, en particulier si les procédés de production sont modifiés. En cas de symptômes respiratoires susceptibles d'être liés au travail, des examens médicaux doivent être réalisés et les résultats enregistrés. Toute affection cutanée suspectée d'être liée au travail doit être immédiatement signalée et faire l'objet d'un examen médical. Les autres travailleurs effectuant le même travail sont susceptibles de connaître des problèmes cutanés similaires.

Formation

La formation des travailleurs sur la base de l'évaluation des risques pour leur apprendre des pratiques de travail sans risque constitue un élément capital de la gestion des risques. Les travailleurs formés sont non seulement en mesure de travailler plus efficacement, mais également de manière plus sûre et avec moins de risques pour leur santé. Le risque posé par une substance est déterminé sur la base de deux facteurs: les caractéristiques de cette substance et le degré d'exposition. La formation des travailleurs vise à leur faire prendre conscience du risque d'exposition et des mesures à prendre pour contrôler leur exposition.

Information des travailleurs

Les travailleurs doivent être informés des risques qu'ils courent et des mesures préventives en place pour contrôler ces risques. Ils doivent savoir comment travailler en toute sécurité et utiliser l'équipement de protection, le cas échéant.

Les employeurs doivent également veiller à ce que les travailleurs et/ou leurs représentants soient informés et formés sur:

  • les propriétés dangereuses des agents chimiques manipulés;
  • le niveau, le type, la durée d'exposition et les conditions dans lesquelles se déroule le travail impliquant ces agents chimiques;
  • les mesures de précaution à prendre afin de se protéger et de protéger les autres travailleurs sur le lieu de travail;
  • l'effet des mesures de gestion des risques actuelles et à adopter;
  • les valeurs limites d'exposition professionnelle ou les valeurs limites biologiques;
  • lorsqu'elles sont disponibles, les conclusions à tirer de toute surveillance de la santé et de l'évaluation de l'exposition déjà effectuée.

Par ailleurs, l'employeur doit veiller à ce que les travailleurs soient informés de tout changement dans les conditions d'utilisation de ces agents chimiques.

Les travailleurs doivent également savoir:

  • à qui signaler les éventuels problèmes de santé;
  • comment contrôler leur peau en cas d'exposition à des substances pouvant provoquer des dermatites ou d'autres problèmes cutanés.

Liste de contrôle pour une bonne communication entre l'employeur et les travailleurs

  • Existe-t-il une liste des substances dangereuses utilisées ou fabriquées sur chaque lieu de travail?
  • Existe-t-il une fiche de données de sécurité directement disponible pour chaque substance chimique utilisée classée dangereuse?
  • Les informations de la fiche de données de sécurité ont-elles été traduites en instructions sur le lieu de travail donnant des informations pratiques sur la façon de manipuler les substances dangereuses au quotidien?
  • Chaque récipient contenant des substances dangereuses (par exemple, bacs, bouteilles, cuves de stockage, etc.) est-il étiqueté avec le nom du produit et les avertissements appropriés sur les risques à la fois physiques (par exemple, risque d'explosion) et sanitaires?
  • Une évaluation des risques a-t-elle été menée et ses résultats communiqués?
  • Les travailleurs sont-ils régulièrement interrogés sur les problèmes potentiels pour la santé et la sécurité?
  • Toutes les informations, instructions et formations pertinentes sur les substances dangereuses présentes sur le lieu de travail ont-elles été fournies aux travailleurs, y compris les précautions à prendre pour leur propre protection et celle des autres salariés?
  • Tous les salariés savent-ils:
    • comment mettre en œuvre convenablement et pleinement toutes les mesures de contrôle prévues?
    • qui ils doivent informer des problèmes et des défaillances de toute mesure de contrôle?
    • ce qu'ils doivent faire en cas d'accident, d'incident ou d'urgence impliquant des substances dangereuses?

Liste de contrôle pour les travailleurs

  • Êtes-vous informé des résultats de l'évaluation des risques menée par votre employeur?
  • Êtes-vous informé des risques auxquels vous êtes exposé?
  • Êtes-vous informé de la façon dont vous pouvez être affecté?
  • Êtes-vous informé de ce que vous devez faire pour assurer votre sécurité et celle des autres (autrement dit, les mesures à prendre pour maîtriser les risques)?
  • Êtes-vous informé de la façon de contrôler et d'identifier les problèmes et les personnes qui doivent en être informées?
  • Êtes-vous informé des résultats des évaluations de l'exposition ou des contrôles de la santé?
  • Êtes-vous informé des mesures préventives à prendre en cas d'activités de maintenance?
  • Êtes-vous informé des procédures d'urgence et de premier secours?

Sensibilisants

Les sensibilisants sont des substances provoquant des réactions allergiques et sont répertoriées dans les directives européennes. Les substances allergisantes pour les voies respiratoires doivent être accompagnées des phrases de risque R 42 («Peut causer une allergisation par inhalation») ou R 42/43 («Peut causer une allergisation par inhalation ou contact avec la peau»). On distingue deux grandes catégories:

  • les sensibilisants cutanés;
  • les sensibilisants respiratoires.

Sensibilisants cutanés

Les maladies professionnelles cutanées surviennent à la suite d'un contact avec certaines substances sur le lieu de travail. Elles touchent généralement les mains et les avant-bras, qui ont le plus de risques d'entrer en contact avec la substance, mais peuvent s'étendre à d'autres parties du corps. Les symptômes avant-coureurs sont notamment la sécheresse, les rougeurs et les démangeaisons de la peau. La peau peut également enfler, se crevasser, se couvrir de squames et s'épaissir. Des ampoules peuvent également parfois se former. La rapidité de la réaction cutanée dépend de la concentration ou de la dose de la substance, ainsi que de la durée et de la fréquence d'exposition de la peau. Ces problèmes cutanés diminuent souvent lorsque le travailleur n'est plus sur son lieu de travail (le week-end ou pendant les vacances, par exemple).

Les travailleurs régulièrement exposés à des liquides et utilisant de l'eau, qui mine les défenses naturelles de la peau, courent davantage de risques. L'exposition de la peau à des températures extrêmes, à des rayonnements solaires et à des risques biologiques joue également un rôle.

En agriculture, les protéines animales présentes dans l'urine et les phanères sont des sensibilisants cutanés potentiels, au même titre que la farine et certains légumes, plantes et épices.

Le système immunitaire de l'être humain sert à défendre le corps contre les envahisseurs infectieux et nuisibles. La sensibilisation est une forme spécifique d'immunisation; cette hyper-réactivité s'appelle l'allergie. Les agents qui causent les allergies de la peau sont les allergènes cutanés.

Il existe deux types de sensibilisants cutanés, à savoir les produits chimiques et les protéines que l'on retrouve dans les matériaux naturels. L'allergie cutanée aux produits chimiques se développe généralement au fil du temps, tandis que l'allergie aux protéines peut apparaître très rapidement. Les allergènes provoquent parfois des symptômes cutanés en cas d'inhalation ou d'ingestion. Il arrive également qu'un contact de la peau avec des produits chimiques entraîne des symptômes allergiques respiratoires. Certaines substances dangereuses, provenant notamment de plantes et de produits pharmaceutiques, peuvent générer des réactions photoallergiques en combinaison avec une exposition aux rayons solaires.

Substances respiratoires allergisantes

Chez les travailleurs qui inhalent des substances et des particules sur le lieu de travail, les réactions des voies aériennes et des poumons se répartissent en trois catégories:

  • De nombreuses maladies connues, comme l'asbestose ou la silicose, sont causées par des fibres et des particules qui se déposent dans les voies respiratoires.
  • Plusieurs types d'agents synthétiques ou naturels utilisés sur le lieu de travail peuvent aussi causer des maladies respiratoires allergiques, comme l'asthme, la rhinite et l'alvéolite professionnels, dont la fréquence augmente régulièrement ces dernières années.
  • Les substances respiratoires irritantes, comme la fumée de tabac dans l'environnement, le chlore, la poussière en général et même l'air froid, peuvent provoquer des crises chez les personnes qui présentent un asthme préexistant. Dans ce cas, l'individu ne devient pas sensible à cet agent particulier, mais la crise est tout de même en rapport avec le milieu de travail.

Les travailleurs agricoles peuvent être exposés aux substances respiratoires allergisantes suivantes:

  • épithéliums et urine d'animaux;
  • plantes décoratives;
  • certains aliments, plantes et légumes (par ex. la poudre de grains de café, les protéines d'œuf, la poudre de farine et de grain, les fruits, les légumes, le poisson, les fruits de mer, la poudre de soja, les épices);
  • acariens;
  • moisissures;
  • certaines poussières de bois, y compris les panneaux composites;
  • fibres textiles (par exemple, la soie pendant la sériciculture)

Face aux menaces externes que représentent les agents chimiques et biologiques, le système immunitaire humain peut réagir en déclenchant une réaction allergique des voies respiratoires. Parmi les symptômes, on trouve: la toux, une respiration courte, rauque, l'essoufflement, les éternuements, le nez qui coule, le nez bouché, les yeux rouges, enflammés et qui démangent, ou encore de la fièvre et des douleurs musculaires et articulaires.

Toutes ces maladies ont certaines caractéristiques en commun:

  • Des expositions répétées (faibles pendant une longue période ou intenses pendant une courte période) sont nécessaires pour que la maladie se développe. Pendant cette période, il n'y a pas de symptôme visible.
  • Seules quelques-unes des personnes exposées sont affectées.
  • Une fois la sensibilisation acquise, des quantités même minimes de la substance et le moindre contact peuvent déclencher les symptômes de la personne à des niveaux beaucoup plus faibles que ceux qui avaient causé l'état d'hypersensibilité la première fois.

Les symptômes peuvent apparaître tout de suite après l'exposition ou plusieurs heures après, parfois la nuit, de sorte que le lien avec les activités professionnelles n'est pas évident. Ils s'améliorent souvent lorsque le travailleur n'est plus sur son lieu de travail (le week-end ou pendant les vacances, par exemple).

Retour en haut

Informations complémentaires

D'autres informations sont disponibles dans la section du site web de l'Agence consacrée aux substances dangereuses.

Fiche d'information 33: Présentation des substances dangereuses sur le lieu de travail

Disponible en: Español Čeština Dansk Deutsch Eesti Ellinika English Français Italiano Latviešu Lietuvių Magyar Malti Nederlands Polski Português Slovenčina Slovenščina Suomi Svenska

Retour à la page principale

Retour en haut